Conjugaison

Le verbe taire conjugué au présent du subjonctif

Que je taise

Que tu taises

Qu'elle/Il taise

Que nous taisions

Que vous taisiez

Qu'elles/Ils taisent



Autre temps du subjonctif:
Imparfait du subjonctif:
Que je tusse
Que tu tusses
Qu'elle/Il tût
Que nous tussions
Que vous tussiez
Qu'elles/Ils tussent


Autres modes et temps:
Présent de l'indicatif:
Je tais
Tu tais
Elle/Il tait
Nous taisons
Vous taisez
Elles/Ils taisent
Imparfait de l'indicatif:
Je taisais
Tu taisais
Elle/Il taisait
Nous taisions
Vous taisiez
Elles/Ils taisaient
Futur de l'indicatif:
Je tairai
Tu tairas
Elle/Il taira
Nous tairons
Vous tairez
Elles/Ils tairont
Passé simple de l'indicatif:
Je tus
Tu tus
Elle/Il tut
Nous tûmes
Vous tûtes
Elles/Ils turent
Conditionel présent:
Je tairais
Tu tairais
Elle/Il tairait
Nous tairions
Vous tairiez
Elles/Ils tairaient
Impératif:
tais
taisons
taisez


Définition du verbe taire:
v. a.

1° Ne pas dire, cacher.
M. le Tellier seul, disaient les factieux, savait dire et taire ce qu'il fallait, BOSSUET, le Tellier.
On les croit insensibles [les âmes vertueuses], parce que non seulement elles savent taire, mais encore sacrifier leurs peines secrètes, ID., Mar.-Thér.
Il tire d'un déserteur, d'un transfuge, d'un prisonnier, d'un passant, ce qu'il veut dire, ce qu'il veut taire, ce qu'il sait, et, pour ainsi dire, ce qu'il ne sait pas, ID., Louis de Bourbon.
En publiant ses magnificences [du Messie], ils [les prophètes] ne taisent pas ses opprobres, ID., Hist. II, 4.
La grande maxime, ou, pour mieux parler, le grand abus de la science du monde, est de taire les vérités désagréables, BOURDAL., 4e dim. après Pâq. Dominic. t. II, p. 135.
Sénat, j'ai vu le crime, et j'ai tu les complices, VOLT., Rome sauv. IV, 6.
Je n'ai pas entrepris mes confessions pour taire mes sottises, J. J. ROUSS., Confess. X.
Vous ne pouvez rien taire ; un peu de discrétion est bien rare aujourd'hui, P. L. COUR., 2e lett. partic.

2° Se taire, v. réfl. S'abstenir de parler. Elle s'est tue ; ils se sont tus après quelques moments.
Il est bon de parler et meilleur de se taire ; Mais tous deux sont mauvais alors qu'ils sont outrés, LA FONT., Fabl. VIII, 10.
Quels seront nos gémissements à la vue de ce tombeau, où tous ensemble nous ne voyons plus que l'inévitable néant des grandeurs humaines ? taisons-nous ; ce n'est pas des larmes que je veux tirer de vos yeux, BOSSUET, Mar.-Thér.
Il y a certaines gens qui apprennent toute leur vie à parler, et qui devraient peut-être se taire toute leur vie, MALEBR., Rech. vér. V, 11.
Celui qui ne sait pas se taire sur un secret, FÉN., Tél. XXIV.
Il se tait et fait le mystérieux sur ce qu'il sait de plus important, et plus volontiers encore sur ce qu'il ne sait pas, LA BRUY., VIII.
Sacrés prélats de nos Gaules, combien de fois le vîtes-vous dans vos assemblées ignorer l'art nouveau de se taire !, MASS., Or. fun. Villars.
Quand un homme n'a rien à dire de nouveau, que ne se tait-il ?, MONTESQ., Lett. pers. 66.
On peut souvent appliquer ce que M. Royer-Collard disait d'un orateur maladroit : Il a manqué une belle occasion de se taire, LEGOARANT, .
Fig.
Quoi ! même vos regards ont appris à se taire, RAC., Brit. II, 6.

3° Ne pas exhaler son chagrin.
Si tant de mères [qui ont perdu leurs enfants] se sont tues, Que ne vous taisez-vous aussi ?, LA FONT., Fabl. x, 13.
La douleur qui se tait n'en est que plus funeste, RAC., Andr. III, 3.

4° Ne pas divulguer un secret.
La femme.... Crut la chose, et promit ses grands dieux de se taire, LA FONT., Fabl. VIII, 6.
Elle est fort heureuse du parti qu'on lui offre, et dont elle est demeurée d'accord ; c'est de se taire très religieusement : et, moyennant cela, on ne la poussera pas à bout, SÉV., 14.
Quiconque ne sait pas se taire est indigne de gouverner, FÉN., Tél. III.

5° Se taire de, passer sous silence.
On parle d'eaux, de Tibre et l'on se tait du reste, CORN., Cinna, IV, 4.
Il est assez de geais à deux pieds.... Je m'en tais, et ne veux leur causer nul ennui, LA FONT., Fabl. IV, 9.
C'est bien la moindre chose que je vous doive, après m'avoir sauvé la vie, que de me taire devant vous d'une personne que vous connaissez, lorsque je ne puis en parler sans en dire du mal, MOL., Festin, III, 4.
Romains, j'aime la gloire, et ne veux point m'en taire, VOLT., Catil. v, 2.
Ne pouvoir se taire d'une chose, céder à un sentiment qui porte à publier une chose.
C'est avoir bien de la langue de ne pouvoir se taire de ses propres affaires, MOL., Scapin, III, 4.
On me mande que Mme de Valavoire est à Paris, qui dit des biens de vous inimaginables ; elle ne se peut taire de votre beauté, de votre civilité, de votre esprit, de votre capacité, SÉV., 10 juin 1671.

6° Être passé sous silence. Un pareil fait ne peut se taire.
Votre infidélité ne saurait plus se taire, TH. CORN., Ariane, I, 3.

7° En parlant des animaux et des choses, cesser de faire du bruit. Les oiseaux se taisent dans les airs.
Dans ces superbes allées [de Chantilly], au bruit de tant de jets d'eau qui ne se taisaient ni jour ni nuit, BOSSUET, Louis de Bourbon.
En même temps les vents se turent, FÉN., Tél. XXIV.
Tout se calme à l'instant, les foudres se sont tus, DELILLE, Parad. perdu, X.
Maintenant tout dormait sur sa bouche glacée ; Le souffle se taisait dans son sein endormi, LAMART., Sec. Méditations, 22.

8° Fig. Ne pas parler, avec un nom de choses pour sujet.
Quoi ! l'univers se tait sur le destin d'Égiste !, VOLT., Mérope, II, 1.
Il est vrai que l'histoire se tait sur le partage fait par Clovis du territoire de la Gaule, LÉVESQUE, Instit. Mém. sc. mor. et pol. t. v, p. 232.

9° Fig. Cesser d'avoir de l'influence, de se faire sentir.
Il faut que les sens et les passions se taisent, si l'on veut entendre la parole de la vérité, MALEBR., Rech. vér. IV, 11.
Placé ainsi sur le trône de l'éloquence, il [Bossuet] vit, ce qui peut-être ne s'était jamais vu entre auteurs, la jalousie de tous ses contemporains se taire devant lui, D'OLIVET, Hist. Acad. t. II, p. 76, dans POUGENS.
Le père en lui se tait, et le Romain l'emporte, DELILLE, Én. VI.

10° Se soumettre.
Quand vous verrez les rois tomber à vos genoux, Et la terre en tremblant se taire devant vous, RAC., Alex. III, 6.
Tous les Romains se sont tus devant moi, MONTESQ., Dial. de Sylla.

11° Faire taire (avec ellipse du pronom personnel), imposer silence, réduire au silence. Faites taire ce bavard.
Il [Théodose] appuya la religion, il fit taire les hérétiques, BOSSUET, Hist. I, 11.
Je dois employer mon crédit pour obliger le roi à faire taire tout le monde, MAINTENON, Lett. au cardin. de Noailles, 3 avril 1697.
Les dieux, qui m'inspiraient, et que j'ai mal suivis, M'ont fait taire trois fois par de secrets avis, RAC., Mithr. IV, 2.
Que dirai-je de ce personnage [Bossuet] qui a fait parler si longtemps une envieuse critique et qui l'a fait taire ?, LA BRUY., Disc. de récep.
Quelques personnes qu'on appelle dévotes se sont élevées contre les Calas ; mais, pour la première fois, depuis l'établissement du fanatisme, la voix des sages les a fait taire ?, VOLT., Pol. et lég. Lett. à d'Alemb. sur les Calas.
Faire taire le canon de l'ennemi, le mettre hors d'état de tirer.
Le canon des ennemis est très bien servi ; mais on prétend que nos batteries, qui seront bientôt en état, le feront taire, PELLISSON, Lett. hist. t. III, p. 383.
Fig. et dans le langage soutenu.
Si je n'ai pas fait taire mon âme, si je n'ai pas imposé silence à ces flatteuses pensées qui se présentent sans cesse pour enfler nos coeurs, BOSSUET, Mar.-Thér.
L'un [Turenne], par de vifs et continuels efforts, emporte l'admiration du genre humain et fait taire l'envie, ID., Louis de Bourbon.
Jules.... Qui fit taire les lois dans le bruit des alarmes, RAC., Bérén. II, 2.
Un prodige étonnant fit taire ce transport, ID., Iphig. I, 1.
Elles [les paroles de Mentor] étaient semblables à ces paroles enchantées qui tout à coup, dans le profond silence de la nuit, arrêtent au milieu de l'Olympe la lune et les étoiles, calment la mer irritée, font taire les vents et les flots, et suspendent le cours des fleuves rapides, FÉN., Tél. X.

12° S. m. Le franc taire, la liberté de se taire (mot formé à l'imitation de franc parler).
Il n'est pas permis longtemps d'y garder son franc taire ; car ceux qui y parlent ne veulent être écoutés que par des gens qui les applaudissent, BERN. DE ST-PIERRE, dans le Dict. de BESCHERELLE, au mot FRANC-TAIRE.
Le verbe taire est une verbe du 3ème groupe.
Voisi quelques autres verbes du 3ème groupe:
  • Forclore
  • Mordre
  • Rentraire
  • Souffrir
  • Soutenir
  • Subvenir


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