Conjugaison

Le verbe haïr conjugué au présent de l'indicatif

J'hais

Tu hais

Elle/Il hait

Nous haïssons

Vous haïssez

Elles/Ils haïssent



Autres temps de l'indicatif:
Imparfait:
J'haïssais
Tu haïssais
Elle/Il haïssait
Nous haïssions
Vous haïssiez
Elles/Ils haïssaient
Futur:
J'haïrai
Tu haïras
Elle/Il haïra
Nous haïrons
Vous haïrez
Elles/Ils haïront
Passé simple:
J'haïs
Tu haïs
Elle/Il haït
Nous haïmes
Vous haïtes
Elles/Ils haïrent


Autres modes et temps:
Conditionel Présent:
J'haïrais
Tu haïrais
Elle/Il haïrait
Nous haïrions
Vous haïriez
Elles/Ils haïraient
Présent du subjonctif:
Que j'haïsse
Que tu haïsses
Qu'elle/Il haïsse
Que nous haïssions
Que vous haïssiez
Qu'elles/Ils haïssent
Imparfait du subjonctif:
Que j'haïsse
Que tu haïsses
Qu'elle/Il haït
Que nous haïssions
Que vous haïssiez
Qu'elles/Ils haïssent
Impératif:
hais
haïssons
haïssez


Définition du verbe haïr:
v. a.

1° Avoir pour quelqu'un un sentiment qui fait que nous lui voulons du mal.
Rodrigue : Ton malheureux amant aura bien moins de peine à mourir de ta main qu'à vivre avec ta haine. - Chimène : Va, je ne te hais point, CORN., Cid, III, 4.
Fais-toi des ennemis que je puisse haïr, ID., Hor. I, 1.
...Je hais tous les hommes, Les uns parce qu'ils sont méchants et malfaisants, Et les autres pour être aux méchants complaisants, MOL., Mis. I, 1.
Et jusqu'à je vous hais, tout s'y dit tendrement [dans les pièces de Quinault], BOILEAU, Sat. III.
Vous me haïssez trop pour ne me plus aimer, BOURSAULT, Ésope à la cour, II, 1.
Et je souhaiterais, dans ma juste colère, Que chacun le haït, comme le hait son père, RAC., Théb. I, 5.
L'on hait avec excès lorsque l'on hait un frère, ID., ib. III, 6.
Ah ! je l'ai trop aimé, pour ne point le haïr, ID., Andr. II, 1.
Si je la haïssais, je ne la fuirais pas, ID., Phèdre, I, 1.
Quand vous me haïriez, je ne m'en plaindrais pas, ID., ib. II, 5.
Mais le roi qui le hait, veut que je le haïsse, ID., Iphig. V, 1.
Je l'aime [Mme de Montespan], et ne puis me persuader qu'elle me haïsse, MAINTENON, Lett. à Mme de St-Géran, 14 juin 1679.
Regretter ce qu'on aime est un bien, en comparaison de vivre avec ce qu'on hait, LA BRUY., IV.
Tel vous aime, dit-il, n'en croyez rien, il ment ; Vous dit-on qu'on vous hait, croyez-le aveuglément, DUFRÉNY, Réconc. norm. II, 7.
Albert : Vous ne m'aimez donc pas ? - Agathe : Non, mais, en récompense, Je vous hais à la mort, REGNARD, Fol. amour. II, 2.
Il y a des hommes dont il est glorieux d'être haï, DIDER., Claude et Nér. II, 2.
On ne hait pas toujours ceux qu'on rend malheureux, LA CHAUSSÉE, Mélanide, V, 2.
Et, pour se rassurer, en vain il [Louis XI] sacrifie Ceux qu'il hait, ceux qu'il craint, ceux dont il se défie, MASSON, Helv. II.
Haïr quelqu'un ou quelque chose comme la peste, comme la mort, le haïr extrêmement.
En un sens particulier, haïr quelqu'un de, lui en vouloir à cause de.
Mais je hais vos messieurs de leurs honteux délais, MOL., Amph. III, 8.
Absolument.
Je hais quelquefois Et moins que je ne veux et moins que je ne dois, CORN., Sertor. III, 4.
Dire qu'on ne saurait haïr, N'est-ce pas dire qu'on pardonne ?, MOL., Amph. II, 6.
Quand il hait une fois, il veut haïr toujours, RAC., Théb. II, 3.
....il faut désormais que mon coeur, S'il n'aime avec transport, haïsse avec fureur, ID., Andr. I, 4.
On a dit en latin qu'il coûte moins cher de haïr que d'aimer, LA BRUY., IV.
Vous qui croyez que ne pas perdre vos ennemis, c'est leur pardonner, et qui bornez la loi qui vous ordonne d'aimer, à ne haïr qu'avec mesure, MASS., Or. fun. Villars.
Haïr est le tourment le plus affreux de tous, LA CHAUSSÉE, Gouvern. II, 6.
Et pourquoi, monsieur, voulez-vous haïr quelqu'un ? la peine est toute du côté de celui qui hait, LEGRAND, le Philanthrope, sc. 14.
Faire haïr, rendre odieux ; se faire haïr, se rendre odieux. Cela le fit haïr de ses voisins. Ce roi s'est fait haïr de ses sujets. Vous lui faites baïr ceux qu'il devrait aimer.
Faire haïr se construit aussi avec la préposition à.
Quel horrible péché me fait haïr des cieux, DESPORTES, ; je dirais plutôt haïr aux cieux ; et, de fait, on dit : Vous me l'avez fait haïr ; or, qui doute que me ne soit datif, comme : Vous me donnez ; on dit : Cette action l'a fait haïr au roi ; cela l'a fait haïr à tous ceux qui l'aimaient, MALH., Comment. sur Desportes, Oeuvres, t. IV, p. 347.

2° En parlant des choses, avoir de l'aversion, de la répugnance.
Il n'aimait que la chasse et haïssait fort l'étude, SCARRON, Rom. com. I, 13.
Je hais ce qui est faux, SÉV., 507.
Haïr mon âme, dit saint Augustin, c'est, dans le sens de l'Évangile, haïr mes propres haines et mes propres affections, BOURDALOUE, 3e dim. après la Pentecôte, Dominic. t. Il, p. 370.
Je ne peux pas savoir auparavant Si j'aimerai le mariage ; Mais je sais bien que je hais le couvent, IMBERT, Jaloux sans amour, II, 5.
Il se dit quelquefois des choses dont on reçoit quelque incommodité. Haïr le froid, le chaud.
Haïr que, avec le subjonctif.
M. de la Vallière est mort je ne sais comment ; je hais toujours que les hommes aient mal au derrière ; on lui a fait plusieurs opérations...., SÉV., 16 oct. 1676.

3° Haïr à, avec un infinitif. Avoir de la répugnance pour.
Je hais mortellement à vous parler de tout cela ; pourquoi m'en parlez-vous ? ma plume va comme une étourdie, SÉV., 440.
Tel qui hait à se voir peint en de faux portraits, Sans chagrin voit tracer ses véritables traits, BOILEAU, Épît. IX.
Ils haïssent autant à les voir [les femmes] avec de la céruse sur le visage, qu'avec de fausses dents, LA BRUY., III.

4° Haïr avec la négation s'emploie familièrement dans le sens d'aimer assez, et alors il prend à ou de quand il est suivi d'un infinitif.
Elles ne haïssent pas de primer dans ce nouveau genre de vie, LA BRUY., III.
Des défauts dont nous ne haïssons pas à être raillés, ID., V.
La bonne dame ne haïssait pas le vin d'Espagne, HAMILT., Gramm. 9.
Peut-être ne haïssez-vous pas des abus qui vous laissent tranquilles, MASS., Car. Mélange.
Mais à quoi jugez-vous que la comtesse ne le hait pas ?, MARIVAUX, le Legs, I.
Si je n'étais pas canusi [prêtre du Japon], je ne haïrais pas d'être quaker, VOLT., Dial. 16.
Je ne hais pas à garder les dindons, ID., Lettre Thibouville, 22 mai 1768.
Le bon vin me paraît une excellente chose, et je ne hais point à m'en égayer, J. J. ROUSS., Hél. I, 23.

5° Se haïr, v. réfl. Avoir de la haine pour soi.
Je me hais de te voir ainsi mésestimée, RÉGNIER, Élégie II.
Excuse un malheureux qui perd tout ce qu'il aime, Que tout le monde hait et qui se hait lui-même, RAC., Andr. III, 8.
En termes de religion, se haïr soi-même, haïr en soi la nature humaine.
Nulle autre religion [que la chrétienne] n'a proposé de se haïr ; nulle autre religion ne peut donc plaire à ceux qui se haïssent et qui cherchent un être véritablement aimable, PASCAL, Pensées, XI, 4, édit. HAVET.
Ils [ceux qui croient] ne veulent aimer que Dieu, ils ne veulent haïr qu'eux-mêmes, ID., ib. XIII, 7.
Avoir une haine réciproque. Cessez de vous haïr.
Participe présent du verbe haïr est haïssant
Le verbe haïr est une verbe du 2ème groupe.
Voisi quelques autres verbes du 2ème groupe:
  • Agir
  • Asservir
  • Dérougir
  • Obscurcir
  • Pourrir
  • Rafraîchir


  • Pour nous contacter...